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EGLISE PROTESTANTE UNIE DE VOIRON

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Prédication

Prédication, culte dimanche 24 mai 2020:

 

NOTRE DEMEURE AVEC DIEU, C'EST LE CHEMIN AVEC TOUS

Les Actes 15,1-29 ; Apocalypse 21,10-23 ; Jean 23-29

Celui qui avait dit «Je suis le chemin », nous dit qu'il viendra « demeu er en nous ». Serions-nous habités par un chemin La demeure serait-elle mouvante ? Quand Jésus nous invite â « demeurer en lui » comme-luilui « demeuré eu nous », quand il nous presse de  « marcher à sa suite », fait-il de nous des routards rie Dieu, toujours en partance, jamais arrivés ?

Dès la première page de son évangile, jean situe la venue de jésus sur la toile de fond de l'immense passé humain : le Verbe en qui tout a été créé « s'est fait chair, il a habité -littéralement il a dressé sa tente - parmi nous. » Habitation légère et mobile qui ne fixe pas l'homme mais qui part avec lui—, la tente, que le vent fait frémir, vibre déjà au souffle de l'ailleurs...

Il est venu lui-même

Ici aboutit la longue histoire des localisations de Dieu, On a cru Le rencontrer dans le tonnerre, la foudre, les éléments du monde, on est allé vers Lui sur les montagnes, pris des arbres et des sources, on l'a enfermé dans des statues, on l'a assigné à résidence dans les temples et les villes saintes, on a voulu L'accueillir dans les formules des rites et des lois_ et un jour, ll est venu Lui-même, visage et parole d'homme, démarche alerte, lucidité de feu, présence si vive que les siècles ne la ternissent pas. Au ternie de la longue suite des représentations de Dieu, Le voici, inattendu, mêlé à notre humanité si fragile et si malmenée, si bonne et si mauvaise, où les forces de vie et les forces de mort semblent poursuivre une lutte infinie. il demeurera parmi les hommes. Ce ne sera pas en apparence. Il saura cc qu'il en coûte d'être homme avec les hommes et de vouloir que tout homme soit reconnu comme un homme. Il renversera les barrières pour aller vers les méprisés, les étrangers, les païens, li annoncera à tous, en actes, la bonté du Père qui considère tout homme comme son enfant, quelle que soir la couleur de sa peau ou de son âme. Le charpentier de Nazareth déplaçait Dieu il l'arrachait aux temples, aux prêtres, aux interprètes de la Loi, aux dévots, aux bien-pensants, aux purs, pour l'offrir aux pauvres, aux pécheurs, aux malades, aux marginalisés de toutes les exclusions. Et à tous, proposait de marginalisés le Père qui aime, qui veut désentraver, qui invite même à l'amour des ennemis. Quelle révolution intérieure aux conséquences religieuses, sociales et politiques redoutables ! Depuis vingt siècles, a-t-on fait davantage que la monnayer avec une parcimonie prudente ?

Faire « demeure commune » avec Dieu

Comment pourrons-nous faire « demeure commune » avec Dieu, habiter le chemin qui marche ? Ce sera toujours garder au cœur une parole qui dérange, qui réveille, qui entraîne en avant. Jésus ne nous a pas laissé un code de prescriptions sa parole abonde en paradoxes, elle est un levain du cieux et de l'esprit,, elle veut faire de nous des responsables vigilants_ L'intimité du Père qui donne et pardonne est en nous le ferment de toutes les inventions aimantes. On a longtemps voulu faire habiter Dieu à distance. On lui construisait des édifices prestigieux, on forgeait des grilles, on délimitait des espaces sacrés. Était-ce pour l'honorer ou pour se préserver de sa proximité brûlante ? Déjà les prophètes avaient brisé ces séparations qui interdisaient à Dieu de jeter sa lumière dans la vie de la cité : ils avaient clamé que Dieu haïssait le culte qui servait d'alibi à l'injustice. Ézechiel avait vu la gloire du Très-Haut s'envoler du Temple de Jérusalem pour rejoindre les déportés en exil. Jésus, lui, fit scandale sur l'esplanade, en sc présentant comme le véritable Temple. Un séisme religieux. Avec lui, Dieu habitait la rue, la salle où banquetaient les pécheurs, l'auberge du Samaritain, la maison de l'officier romain. Impossible de se protéger de Dieu, La vie, celle de tous, celle où l'on aime, où l'on peine, où lion se côtoie, où l'on espère, où l'on meurt, la vie était la demeure qu'il nous proposait de partager. L'intimité avec Dieu grande ouverte... A travers l'événement, dans les mutations des sociétés, aux saisons de nos existences, nous n'aurons jamais fini de le chercher, d'être surpris par lui, d'aller plus loin dans l'accueil de sa présence, si discrète qu'elle est en nous comme une « absence ardente ». Car la demeure est chemin. Habiter Dieu, se laisser habiter par lui, c'est toujours partir, c'est toujours quitter, c'est toujours aller vers. Mourir et renaître.

La demeure est chemin.... avec tous

Mais il faut y insister la demeure est chemin… avec tous. Jésus montrait les lointains quand il envoyait ses amis annoncer la Nouvelle, la Bonne Nouvelle, « à toutes les nations ». Pas d'étrangers dans cette demeure aux dimensions de l'univers on y rencontrera partout les hommes, les aimés de Dieu. Pas question de nier les différences et les appartenances qui permettent aux uns et aux autres de construire leur humanité. Mais tous sont les habitants de la demeure de Dieu, les marcheurs de la caravane qui avance autour de lui. Jésus disait ces paroles, faisait ces gestes, en un temps où les dimensions du monde connu étaient bien restreintes.

Que dirait-il au cœur de notre humanité de plus de cinq milliards d'hommes où voisinent l'abondance et la faim, où les décisions des puissants peuvent écraser des multitudes ? ll saurait, aujourd'hui encore, bousculer les paresses de pensée, les inconsciences, les intérêts acquis. Li nous dirait que Dieu, en sa demeure humaine, ne connaît pas d'exclus car ï1 ne connaît que des hommes, ses enfants. Il nous stimulerait - sans mésestimer les difficultés, les lenteurs, les risques - à prendre les initiatives de l'espérance jamais découragée.

Des hommes et des femmes de l'universel

À ce tournant de millénaire où les peuples vivent une interdépendance de plus en plus étroite, Jésus nous pousse à être des hommes et des femmes de l’universel. Lui l'avait inauguré, l'universel, à l'échelle proche, en franchissant les séparations et en refusant les marges. Puis il avait montré les horizons de la terre et de l'avenir. Son initiative et son appel rejoignent le. Présent tragique de notre humanité où tant d'hommes survivent dans la misère, la violence, l'oppression. Comment Dieu pourrait-il demeurer dans la multitude humaine si nous ne cherchions pas à en faire la demeure de tous ? Utopie, me direz-vous ? Oui, mais la Bible, l'Évangile„ la parole de Jésus; n'ont pas cessé d'entraîner vers ce qui n'est pas encore et qui n'a pas de lieu c'est le sens du mot « utopie ». La Terre Promise, le Royaume de Dieu, la Jérusalem céleste ? H ne s'agit pas de ces utopies du plomb qui tentent par la terreur de transformer les hommes en troupeau, mais de l'utopie toujours ouverte qui ne connaîtra jamais sa pleine réalisation sur cette terre, mais qui nous aiguillonnera toujours vers un monde plus pacifique, plus juste, plus fraternel, plus humain et plus divin. Comment pouvons-nous construire l'unique demeure de Dieu et de tous ? Il faudra chaque jour redescendre sur le chantier, on n'aura jamais fini, le -surplus de l'espoir sur toute prospective » nous ranimera toujours : pas étonnant que L* demeure de jésus soit un chemin.

Le mot que la vie n'épuise pas

Où habite Dieu ? Nous le savons bien, d'intime et chaleureuse expérience : Dieu habite le progrès dans la justice„ les avancées de la solidarité, k face à face des hommes dans k respect. If a pour demeure immatérielle ce que nous désignons de plus généreux et de plus créateur quand nous prononçons le mot si ambigu et si unique, que la vie entière n'épuise pas aimer.

Texte du père Gérard Bessière, lu par Claudie.

 

 

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